Séance de travail « Aux marges de l’Action catholique spécialisée »

La notion de « milieu » est au cœur de l’Action catholique spécialisée. Refusant le concept, plus marqué idéologiquement dans l’entre-deux-guerres, de « classe », l’Action catholique — dans le sillage de l’héritage du catholicisme social et de sa vision organiciste des communautés « naturelles » — s’organise par une spécialisation. Cette dernière embrasse les grandes catégories socio-culturelles de la France de l’entre-deux-guerres. Comment cette typologie s’est-elle établie ? A-t-elle toujours vue comme pertinente par les acteurs sociaux ? Comment, au niveau local, s’organisait-elle ? Comment évolue-t-elle lorsque la France connaît d’importantes mutations à l’époque des « Trente Glorieuses » ? Pour réfléchir à ces questions, nous vous convions à la séance :

Aux marges des milieux de l’Action catholique spécialisée

Elle aura lieu:

mercredi 13 février prochain (18h-20h) à l’Institut des Sciences de L’homme, Salle Ennat Léger.

14 avenue Berthelot 69007 LYON Tram T2 Centre Berthelot

 Nous écouterons à cette occasion :

Brieuc Guinard, « Artisans et petits commerçants dans la JAC-F (entre deux guerres) »

Anthony Favier, « Aux marges de l’Action catholique spécialisée en « milieu ouvrier » : jeunes ruraux ouvriers et étudiants du professionnel à l’époque des Trente Glorieuses »

Avec comme discutante Claudia Chang Moya et Claire Bailly-Alemu (LER).

Les crises de l’Action catholique durant les Trente Glorieuses dans l’oeuvre de Denis Pelletier (1945-1975)

septembre 15, 2012 Laisser un commentaire

Nous procédons ici à une relecture d’un petit corpus issu de l’oeuvre de l’historien Denis Pelletier consacré à l’Action catholique et sa crise dans les années cinquante à soixante-dix :

Pelletier, Denis (1997) « L’Action catholique à l’épreuve », chapitre 3 de la Crise catholique, Paris : Payot, « Petite bibliothèque », pp. 73-97.

Crise des mouvements de jeunesse

Dans cette partie d’ouvrage, Denis Pelletier analyse comment les mouvements d’Action catholique participent à cette grande crise qu’il analyse. Il montre comment les mouvement d’Action catholique spécialisée rentrent en crise sur deux plans durant cette séquence de « crise » qu’il identifie dans le catholicisme entre 1965 et 1975 :

  1. Le flou grandissant autour de la notion de milieu. Les mouvements qui  correspondaient bien à la diversité culturelle de la société française en s’organisant selon le principe de la doctrine du mandat implose au cours des années soixante : « La crise est en grande partie d’origine sociologique : la croissance des Trente Glorieuses qui unifie les modes de vie et les cultures remet en cause l’apostolat par milieux et pourrait conduire à en réviser le principe, mais une telle réforme, considéré comme nécessaire par certains dès les années cinquante, pose des problèmes d’équilibre et de rapports de force entre les mouvements » (p. 73).  Au cœur de cet affrontement, il y a bien entendu la JOC-F qui se pense comme  l’Action catholique du milieu ouvrier et ne souhaite surtout pas qu’on associe pastoralement les enfants d’ouvriers à ceux des milieux indépendants (JIC) ou aux étudiants et lycéens (JEC)
  2. La radicalisation politique des mouvements. Elle remet en cause la notion de mandat sur laquelle s’était bâti les rapports entre l’ACS et l’épiscopat français. Si la politisation passe par les mouvements de jeunesse, selon une chronologie propre à l’ensemble de la société française depuis la Guerre d’Algérie et qui culmine au moment de Mai 68,  elle s’exprime également dans les mouvements d’adulte : l’ACO et les chrétiens du monde rural. Il y aurait selon Denis Pelletier un malentendu. Là où les militants se pensaient comme l’élite chrétienne de leur génération, les évêques y voient une sortie du mandat et une radicalisation des cadres du mouvement ne correspondant pas à la réalité de la base. 

 » Ce qui est intéressant dans la crise du modèle militant de l’Action catholique spécialisée, c’est la manière dont le politique y croise le social. Les mouvements étudiants et ruraux sont saisis par le tropisem gauchiste, mais c’est à travers le conflit de génération qui travaille la société française ; la JOC et l’ACO sont victimes de la crise d’identité de la classe ouvrière issue des Trente Glorieuses, mais celles-ci les conduit à s’aligner sur le PCF et la CGT, ce qui pose le problème de la nature de leur apostolat. Au fond, le système de l’apostolat par milieu résiste mal à l’unification des modes de vie et des cultures au profit des classes moyennes » (p. 90)

Mais, des signes avant-coureurs de cette crise sont déjà identifiables dans les années cinquante et soixante :

  • 1956 : la dissolution de l’ACJF (Association Catholique de la Jeunesse Française). Cette dernière avait été pensée dans l’entre-deux-guerres comme l’instance de supervision des différents mouvements de jeunesse dans les milieux. Après-guerre resurgit l’idée d’en faire l’organe fédérateur plus efficace de la jeunesse française. La JOC refuse au nom de la préservation du milieu et l’épiscopat lui donne raison.
  • 1957 : les Secrétariats de la JEC et de la JECF démissionnent pour dénoncer la torture en Algérie.
  • 1964-65 : crise à la JEC et la JECF, puis, « par ricochet », au MRJC. Ces deux mouvements publiaient depuis 1958 un hebdomadaire commun Rallye-Jeunesse.

À leur façon, les mouvements de jeunesse catholiques participeraient de la « crise d’autorité (qui) précède 1968 ». On la retrouve chez les communistes comme chez les protestants.

Devenirs particuliers dans la crise

Mais Denis Pelletier note que les différents mouvements d’Action catholique ne se positionnent pas de la même façon dans cette crise structurelle :

Organisations étudiantes et lycéennes d’Action catholique (JEC-F, Paroisse Universitaire, ACU)

  • Elles sont les plus touchées, notamment par une chute des effectifs. Les mouvements se resserrent sur les populations lycéennes plus qu’étudiantes. L’Action catholique universitaire et la Mission étudiante formées pour les étudiants après 1965 ne retrouvant pas l’ampleur passé.
  • Dans les événements de Mai, la faible participation des étudiants chrétiens vient en partie de là : « elle indique déjà le fait majeur de la période : les anciennes troupes de la JEC partent voir ailleurs, souvent dans un parti gauchiste » (p. 76). En juin 1969, les aumôniers JEC et ACU constatent que les lycéens se tournent vers les Comités d’Action lycéens (CAL) et que la JEC perd son rôle moteur dans l’UNEF.
  • La voie révolutionnaire. En avril 1970, lors du congrès d’Amiens, le bureau national de la JEC engage l’organisation dans la « voie révolutionnaire » suite à l’adoption d’un rapport inspiré fortement des thèses de Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron. Condamnée par Mgr Marty (archevêque de Paris) elle est aussi objet de vifs débats dans le mouvement. Parallèlement l’ACU publie en 1972 une « charte révolutionnaire ».
  • La contestation, sous une rhétorique très politique, concerne aussi l’Église. Il y a un désir de trouver une « radicalité » de la vie chrétienne : « l’irruption du politique s’est opérée sur le mode de l’anti-politique ; plutôt que de procéder à une réorganisation de la société, il s’agissait de témoignait pratiquement, au niveau d’unités sociales restreintes, d’un ‘monde nouveau’, imminent et radicalement différent des situations historiques connues jusque là » (témoignage de Danielle Hervieu, ancienne de la Mission étudiante). Les étudiants catholiques peuvent se tourner contre l’Église institutionnelle et investissent des espaces alternatifs de l’expérience religieuse comme Taizé, Boquen et les communautés de base « contre-sociétés auto-gérées, mais « contre-Églises » qui inventent une ecclésiologie de la base marquée par la spontanéité liturgique. » (p. 78)
  • Un glissement du politique du culturel ou d’un culturel marqué des enjeux politiques selon un enjeu commun à de nombreux jeunes de la génération 1968. Les liens entre les personnes et les communautés, il s’opère un glissement propre à ces années.

Les ruraux (CMR, MRJC) 

  • Il constituent encore la partie numériquement sans doute la plus dynamique de l’Action catholique spécialisée. Les aînés de l’Action catholique du monde rural se retrouve au sein du mouvement Chrétiens en monde rural (CMR) qui regroupe 25 à 30 000 membres répartis en 3 500 équipes et dispose d’un groupe de presse éditant Panorama aujourd’hui, Clair-Foyer, Agri-Sept.
  • La crise se noue de façon particulière sous la forme d’un conflit de génération entre aînés des CMR et jeunes du  MRJC. En 1972, un congrès d’aumôniers est perturbé par des jeunes du MRJC. 
  • Le mouvement est divisé entre ses branches nées en 1967 pour englober la variété socio-économique des ruraux : agriculteurs, jeunes travailleurs salariés, scolaires-étudiants.
  • La radicalisation politique après Mai 68 « d’autant plus rapide qu’elle a les caractères d’une conversion tardive ». À la session nationale de Jambville en 1969 intervient le théologien dominicain Jean-Yves Jolif « proche des milieux communistes ». Le MIJARC  (mouvement international) devient l’un des relais des expériences brésiliennes des communautés de base et de la théologie de la libération. L’analyse néo-marxiste et tiers-mondiste se diffuse dans le mouvement et sert à expliquer les mutations que connaissent les campagnes françaises elles-mêmes (intégration dans l’économie de marché) quitte à remettre en cause les options prises par les aînés de l’ACS en monde rural. En 1972, les instances nationales des CMR choisissent  de renforcer le poids des branches professionnelle sur les fédérations diocésaines.
  • la division du MRJC entre deux courants suite à la démission du bureau national de 1972 : l’un majoritaire emmené par la branche ouvrière du mouvement, défendant un engagement  dans les organisations syndicales existantes et au sein de l’Union avec la gauche, l’autre, minoritaire, derrière le groupe des scolaires et des étudiants, prônant une stratégie de rupture « les rapprochant du gauchisme chrétien »  « la JAC et les 13-17 ans se partageant entre les deux groupes » et les régions
  • la fonte des adhérents parallèlement à cette crise « ces derniers se (détournant) d’un mouvement où ils ne trouvent plus la structure d’encadrement socio-culturel, qu’ils cherchent, ni même, crise rurale aidant, les voies de la promotion sociale dont on bénéficié leurs aînés » (p. 82).

Les ouvriers (JOC, JOCF, ACO)

  • une apparente stabilité par rapport  aux ruraux et étudiants avec une organisation et une presse stable ainsi qu’une protection des évêques de la Commission épiscopale du Monde Ouvrier (CEMO) dominée par les figures de Mgr Ancel et Mgr Maziers.
  • même si l’appartenance ouvrière relève plus du milieu d’origine avec la scolarisation grandissante des jeunes du mouvement, la JOC maintient sa ligne ouvrière « à l’abri des crises intellectuelles » (Conseil National, 1968), du gauchisme, même si « rien ne permet d’affirmer, pourtant, que militants et militantes ne partagent pas les préoccupations de leur classe d’âge face au monde des adultes » (p. 83)
  • ACO se maintient sur une position défensive de la spécificité ouvrière. Elle refuse de siéger au Comité Français de l’Apostolat des Laïcs (CFAL) né en 1960 et qu’ACI et MRJC souhaitaient en faire le lieu d’organisation d’un laïcat à l’allemande.
  • Les mouvements ouvriers apparaissent de plus en plus comme des forces d’appoint de l’Union de la gauche, la rencontre nationale ACO aboutit en 1971 au vote d’une motion en faveur de l’ « élaboration d’une société socialiste » associant le mouvement au « combat de la classe ouvrière internationale »  alors qu’un comité diocésain dénonce l’appartenance de 12 de ses membres au PCF. En mai 1974, lors de 10ème rencontre nationale, l’ACO se prononce en faveur du candidat François Mitterrand en présence de 10 évêques.
  • contrairement aux mouvements ruraux, l’option marxiste sous la forme d’appui à l’union de la gauche, resserre deux générations de militants ouvriers ACO et JOC semblant en accord : le rassemblement de la JOC « Objectif 74 » est marqué par la présence de Georges Marchais dans l’assistance en compagnie des évêques de la CEMO, suscitant la désapprobation de certains de leurs confrères comme Mgr Elchinger de Strasbourg.

Les milieux indépendants (JIC, JICF, ACI)

  • la découverte de la thématique du développement à l’ACI autour de la personnalité de Gabriel Marc (élu président en 1971) qui a participé à l’élaboration du plan qui a suivi l’indépendance du Sénégal et dont la pensée est dans le sillage d’Économie et Humanisme et de l’encyclique Gaudium et Spes.
  • Une relative bonne santé du mouvement des indépendants par rapport aux autres en raison d’une « réflexion approfondie sur la crise de civilisation et ses retombées », réflexions « en termes modérés (…) mais pas tièdes » : « le mouvement remet en cause à la fois les structures quotidiennes du pouvoir social en France et les méfaits du développement capitaliste dans le monde » (p. 94)
  • Un attachement à la démarche spirituelle  « comme fondement d’un engagement politique attaché aux droits de la personne humaine » (p. 95) qui annoncerait la conversion dans la décennie suivante vers l’humanitaire et le désanchentement devant le politique.

***

En conclusion, Denis Pelletier note combien l’édifice de l’Action catholique spécialisée imaginé par les évêques français en 1931 dans une France venant d’entrer dans la seconde révolution industrielle est globalement en crise dans les années soixante-dix. Même si cette crise prend l’allure du surgissement du tout politique : marxisme à l’ACI, union de la gauche à l’ACO et la JOC, gauchisme à la JEC et l’ACU, diverses options aux MRJC, « la surenchère des engagements joue comme un leurre, dissimulant la transformation plus profonde d’une société qui se détache du christianisme et se réorganise autour d’autres valeurs. » (p. 97)

Pelletier, Denis (avril-juin 1999) « L’identité jociste à l’épreuve des Trente Glorieuses », Cahiers de l’Atelier, 484, pp. 25-40

L’idée d’une Action catholique spécialisée en crise d’identité en raison des mutations socio-économiques des années soixante et soixante-dix a été développé plus spécifiquement par Denis Pelletier dans un article de 1999. Partant du cas particulier de la JOC, il montre comment on peut lier une série de crises (comme la controverse progressiste des années1950-1954, la disparition de l’ACJF en 1956, les positionnements durant la Guerre d’Algérie ou les événements de Mai 68 et jusqu’à la fin des mandat en 1975) aux mutations globales de la société française durant ces années.

L’historien établit un développe une pensée en trois temps :

  1. Le moment progressiste de l’après guerre et des années cinquante. Il a pu naître dans le catholicisme à la sortie de la guerre et dans le prolongement de la Libération. Il semblait alors possible de rénover la société de fond en comble en prolongeant les alliances inattendues nées de la lutte contre la totalitarisme. Mais si une partie des forces catholiques dans le monde ouvrier se rapproche progressivement d’une alliance avec des groupes communistes notamment des prêtres ouvriers condamnés en 1954 ou une figure comme le dominicain Henri Desroches, la JOC sous la conduite de son fondateur l’abbé Guérin reste fidèle à l’esprit de ses origines et se méfie d’une « dérive temporelle » de l’idée missionnaire.
  2. De 1954 à la fin de la guerre d’Algérie. Si la JOC-F a été à l’écart de la crise progressiste, elle est au cœur de la crise qui voit l’ACJF disparaître en 1956 en refusant qu’elle devienne un organe de coordination plus puissant des différents mouvements d’ACS. La Guerre d’Algérie est également une source de tensions dans les mouvements d’Action catholique (démission des bureaux de la JEC et du MRJC en 1957) ou dans le scoutisme (affaire Jean Müller), néanmoins la JOC se tient à l’écart des crises les plus vives. Autant la dénonciation de la torture que les réformes scolaires pèsent toutefois sur l’expression du mandat et ses limites politiques.
  3. Dans les années soixante, Denis Pelletier note que le conflit d’autorité qui caractérise les babys-boomeurs ne semble pas toucher les militants jocistes : « l’identité jociste a résisté aux tentations de rupture auxquelles le soumettaient la conjoncture politique et socio-culturelle pour préserver le cadre de l’Action catholique spécialisée » (p. 34). Le mouvement se tient prudemment devant Mai 68 et les années suivantes condamne souvent la dérive « gauchiste » qui peut affecter d’autres mouvements catholiques. Il y a un refus de se rallier en 1975-1977 au mouvement des Chrétiens pour le socialisme vu comme trop intellectuel.

Commentant finalement ce relatif retrait de la JOC des crises de l’Action catholique, Denis Pelletier a recours à une explication « sociologique ». Dans la France des années soixante, le monde ouvrier demeure à l’écart de la postérité des Trente Glorieuses. Il subit un fort taylorisme, une parcellisation des tâches, des salaires bas alors que l’inflation est forte, une crise de logement, conserve sa spécificité sociale et culturelle et une « conscience de classe »… L’unification des modes de vie, l’émergence d’une « nouvelle classe ouvrière » et la démocratisation scolaire sont des phénomènes présents mais aux conséquences encore faiblement visibles :

« L’engagement jociste a quelque chose à voir avec la défense d’une dignité qui est inséparable de la dignité ouvrière dans la société française, dignité chrétienne en milieu ouvrier (…) et une dignité d’un militantisme ouvrier au sein de l’Église : un militantisme de jeunes gens laïcs, dépositaires dans leur engagement quotidien d’une histoire, d’un héritage, en un mot d’un patrimoine » (p. 37)

Toutefois, Denis Pelletier note qu’on ne peut prendre le mouvement uniquement comme une force de résistance au changement social :

« Les jocistes n’ont pas échappé à cette caractéristique plus générale des militants catholiques de la période post révolutionnaire, de ne s’être jamais constitué en une contre-société ordonné au refus explicite de la modernité. Bien au contraire, ils n’ont cessé d’inventer leur propre histoire une relation permanente entre la tradition catholique qui donnait sens à leur engagement et le siècle » (p. 40)

Séance d’étude « Quel intérêt d’une approche par le genre des mouvements d’Action catholique spécialisée ? »

septembre 14, 2012 Laisser un commentaire

La place des études de genre en sciences humaines et sociales est de plus en plus importante, sans manquer de susciter des réactions et des questionnements, tout particulièrement dans le champ de l’histoire religieuse ou certains secteurs de l’histoire sociale. Cet automne pas moins de deux événements scientifiques vont aborder la question épistémologique du genre dans le champs des sciences des religions :

– la journée d’études ‘ »Genre et religion » organisée par l’Association Française d’Histoire Religieuse contemporaine le 29 septembre prochain à l’Institut Européen en Science des Religions à Paris (programme complet :  ),

– l’École Française de Rome propose une formation « Genre et  religion » aux doctorant.e.s de sociologie, anthropologie et histoire du 13 au 16 novembre prochain (présentation : ).

Participant à sa façon à ce moment intellectuel et épistémologique, le GRACS souhaiterait ouvrir un questionnement similaire : comment le chercheur (H/F) qui aborde l’Action catholique spécialisée peut-il adopter une approche par le genre? Qu’est-ce que cela peut lui apporter? Comment les mouvements d’Action catholique spécialisée conditionnent les individus dans leur comportement sexué, sexuel et hiérarchique? Existe-t-il une matrice propre du genre dans les milieux d’Action catholique? Comment aborder l’étude de la masculinité, de la féminité, des rapports sociaux entre les sexes et la sexualité dans l’Action catholique spécialisée ?

Ces questions, et d’autres encore, feront l’objet de notre première séance de l’année 2012-2013 co-organisé par le groupe lyonnais ARGU de l’association EFiGiES (masterant.e.s, doctorant.e.s en études féministes et de genre) :

Genre et Action catholique spécialisée

Quels enjeux et quelles approches ? 

Elle aura lieu :

le 11 octobre 2012 de 18h00 à 20h00 à l’Institut des Sciences de l’Homme

14 avenue Berthelot 69007 LYON Tram T2 Centre Berthelot

La salle sera indiquée sur le journal électronique à l’entrée du bâtiment

Pour nous aider dans notre réflexions, nous écouterons :

Anthony Favier  « Genre et de l’action militante, le féminin dans la JOC-F (1950′-1980′) »

Claire Bailly Alemu  « Interrogations sur la pertinence du concept de genre dans l’analyse des archives jurassiennes de la JACF »

La répondante de séance sera Virginie Blum, candidate au doctorat de sociologie à l’Université Lumière Lyon 2, Centre Max Weber, spécialiste de la problématique du genre dans le milieu professionnel.

Quatrième séance d’études du GRACS – Comment écrire l’histoire des mouvements de jeunesse d’Action catholique sous l’Occupation ?

Nous avons le plaisir de vous annoncer la tenue de la quatrième séance du séminaire doctoral du GRACS . Elle sera consacrée au thème suivant :

Faire l’histoire des mouvements de jeunesse

d’Action catholique spécialisée sous l’Occupation

et aura lieu :

Le 11 avril à partir de 15h à l’Institut des Sciences de l’Homme

(14 avenue Berthelot 69007 LYON T2 Centre Berthelot)

Salle André Frossard

Nous aurons le plaisir d’écouter deux interventions :

Nathalie Maquoi : « La JOCF sous Vichy, l’exemple des fédérations de Lyon »

Vincent Flauraud : « La JAC-F dans le Massif Central méridional sous l’Occupation »

La séance sera présidée par Laurent Douzou (IEP-Lyon) auteur de plusieurs ouvrages sur la Résistance, l’Occupation et les enjeux mémoriels et historiques de la seconde Guerre mondiale.

Un petit buffet se tiendra à la cafétéria de l’ISH à l’issue de la séance.

Nous comptons sur votre présence.

L’Equipe du GRACS.

A télécharger, la bibliographie de travail : Biblio gracs PDF

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BONAFOUX-VERRAX Corinne (2004) A la droite de Dieu, la Fédération nationale catholique 1924-1944

Paris, Fayard,  » Nouvelles études contemporaines « , 2004, 658 p.

Corine Bonafoux-Verrax soutient en 1999 une thèse d’histoire contemporaine sur la Fédération nationale catholique à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris sous la direction de Serge Bernstein. En 2004 paraît cet ouvrage qui constitue la version éditée de cette thèse. Dans l’introduction, l’historienne part d’un paradoxe : malgré un rôle important dans l’histoire politique de la France de l’entre-deux-guerres, la FNC souffre d’un déficit de notoriété. Elle pointe deux explications pour expliquer le relatif désintérêt de l’historiographie :

1) le caractère hybride du mouvement qui n’est pas un parti politique ni une ligue au sens strict et a pu rebuter les historiens du politique. Du côté des historiens du religieux, au contraire, on releguait la FNC du côté du politique.

2) le caractère conservateur du mouvement a également pu rebuter. Après-guerre, la FNC « semblait aller contre le sens de l’histoire qui était celui de l’Action catholique spécialisée et de la démocratie chrétienne » (p. 8).

Pourtant la FNC, et son ouvrage en constitue une bonne illustration, mérite un traitement historiographique renouvelée autant du côté de l’histoire religieuse que politique.

L’ouvrage comporte 4 parties. Une première est consacrée au contexte propre de la naissance de la FNC au moment du Cartel des Gauches lorsque la peur d’un retour de la politique anticléricale pousse  des catholiques à mettre sur pied un mouvement de défense catholique d’ampleur nationale. Dans une seconde partie, Corinne Bonafoux-Verrax évoque l’ambition politique de la FNC de restaurer un ordre social chrétien. Dans une troisième partie, elle resitue le mouvement du général de Castelnau dans le jeu politique propre de l’entre-deux-guerres en essayant de caractériser au mieux ses idées dans le contexte de cette époque. La quatrième partie de l’ouvrage se centre davantage sur la période de la seconde Guerre mondiale et du positionnement de la FNC face à l’Etat français et la politique de collaboration du Maréchal Pétain.

Une formule originale d’engagement du laïcat catholique

La FNC réussit là où des initiatives précédentes avaient échoué, notamment en raison des réticences des évêques et des papes de voir les catholiques s’engager de manière trop exclusive vers la politique, que ce soient les comités catholiques nés de la défaite de 1870 poussés à la dissolution en 1882, le grand parti conservateur envisagé par Léon XIII au moment du Ralliement mais qui ne vit jamais véritablement le jour en raison des divisions des catholiques, ou encore les ligues du tournant des XIXe et XXe siècles qui ne parvinrent à fédérer en fait que les femmes qui ne votaient pas. La FNC se retrouve en fait au croisement de deux temporalités : l’une propre au catholicisme qui cherche, à partir de Pie X, à organiser l’action des catholiques pour rechristianiser de l’intérieur la société et l’autre du contexte propre de l’arrivée au pouvoir du Cartel des Gauches. Face au programme du Cartel des gauches qui remet en cause le statut quo de la relation des catholiques et de la République établi depuis la première Guerre mondiale et le gouvernement du Bloc national, des initiatives voient le jour. Parmi elles, celle du général de Castelnau, qui, sans consulter l’Assemblée des Cardinaux et Archevêques, appelle lors de son discours de Metz de 1924, à la création d’une grande fédération de tous les hommes catholiques responsables et soucieux de défendre l’Eglise.

Corinne Bonafoux-Verrax insiste sur le caractère « hybride » de la FNC qui n’est pas un parti ni une ligue :

La FNC ne vise pas l’exercice du pouvoir, elle ne présente pas de candidats aux élections mais, elle ne s’interdit pas, notamment au moment du Cartel d’imposer sa volonté dans la rue. Mais les ressemblances s’arrêtent là car la FNC vise un projet global de société et ne refuse pas le jeu parlementaire (p. 262)

La FNC se conçoit davantage comme l’action civique et organisée des catholiques reconnue par l’épiscopat, mobilisable par ce dernier pour faire pression lorsque un projet de loi ou une mesure lui semble contraire à l’intérêt des catholiques français. Cette action n’est pas directe mais passe toujours par le truchement d’un comité électoral différent du comité diocésain de la FNC ou bien encore d’une presse associée mais pas dépendante du mouvement (le journal l’Echo de Paris où s’exprime souvent le général de Castelnau).

Plus qu’une ligue, Corinne Bonafoux-Verrax parle d’une « ligne » de restauration d’un ordre social chrétien qui s’inscrit finalement plutôt dans l’enseignement des papes Léon XIII ou Pie XI. Mais le pragmatisme s’impose à l’idéologie et, sans rentrer dans les détails, elle montre bien comment la FNC organise l’action des catholiques autour de quelques chantiers :

  • l’école libre, avant tout, face à l’école laïque avec pour grand thème la liberté d’éducation (qui revient aux parents), la distribution équitable de moyens entre privé et public, l’abrogation des lois interdisant l’enseignement aux congrégations religieuses.
  • la moralisation de la rue, de la littérature, du cinéma,
  • un programme de réformes économiques et sociales dans les termes de l’époque (le corporatisme comme la troisième voie entre libéralisme et socialisme).

La FNC et l’Action française

Corinne Bonafoux-Verrax revient dans son ouvrage sur un certain nombre de représentations qui sont à déconstruire ou à nuancer. Elles émanent parfois des catholiques eux-mêmes comme le démocrate-chrétien Francisque Gay qui, à travers la Vie catholique, rabat un peu facilement et rapidement la FNC du côté de l’Action française. Face au mouvement de Charles Maurras, le général de Castelnau et la FNC acceptent la condamnation de 1926 et révèlent en fait qu’ils sont prêts à accepter la nature du régime. Les rapports entre les deux mouvements ont toujours été froids. La conception « en dehors et au dessus des partis » de la FNC est incompréhensible pour l’Action Française. De même,  le ton et l’activisme de l’Action Française irritent et agacent le général de Castelnau. Contrairement aux ligues, la FNC s’attache à insérer dans le jeu parlementaire et récuse l’agitation de rue. L’historienne prend un grand soin dans son ouvrage à caractériser au mieux la « culture politique » de la FNC, en prenant le temps de déconstruire les catégories qu’on lui associe habituellement comme « catholiques de droites », « nationaux catholiques » ou « catholiques traditionalistes ». Cette culture repose sur un fort anti-maçonnisme et un fort anti-communisme. Ces sentiments reposent sur les positions anticléricales des communistes ou des loges maçonnes vues comme menaçantes. Même si la littérature grise cherche à rationaliser leur discours par des analyses et des exemples, certains cadres ou dirigeants ne manquent pas de sombrer dans des formulations extrêmes ou recourrir au thème du complot. Taxée de nationalisme, la FNC adhère plutôt à une conception encore très prégnante chez les catholiques de l’époque : la France est assimilable à une personne, douée d’un caractère propre, pacifique à la différence de l’Allemagne belliqueuse et expansionniste. Ce nationalisme serait à distinguer, selon l’historienne, du « nationalisme intégral » de l’Action catholique. Contrairement à ce dernier, celui de la FNC  ne se veut pas rationnel mais, dans la lignée de Maurice Barrès, sentimental et même charnel. Corinne Bonafoux-Verrax parle de « patriotisme » selon les catégories des prélats de l’époque qui récusent, autant Pie X que l’ACA, et le pacifisme et le nationalisme comme dérive du juste attachement à sa patrie. L’historienne emploie l’image du « balancier » à plusieurs reprise pour qualifier le positionnement de la FNC.

La FNC entre bien sous le terme générique de nationalisme mais en constitue une version particulière qui est une version catholique : la conception biologique de la nation eût pu conduire à un nationalisme xénophobe mais a été compensé par un certain humanisme chrétien. La FNC se sent solidaire des catholiques du monde entier (pp. 345-346)

La FNC, l’extrême-droite et les totalitarismes

Par son ralliement aux institutions de la République et son refus de l’activisme, la FNC appartient davantage à la « droite aux contours flous » qu’à l’extrême-droite. Cette dernière fait sienne les thématiques de la décadence, alors que la FNC défend l’action et le relèvement possible. L’extrême-droite accepte l’anti-sémitisme et la xénophobie alors que dans le mouvement du général de Castelnau récuse le racisme. C’est justement autour de la question raciste que la FNC prend ses distances avec le fascisme italien. Le nazisme est condamné précocément, dès 1933, sous la plume du germaniste Robert d’Harcourt dans la presse du mouvement. Face au franquisme, toutefois, Corinne Bonafoux-Verrax rappelle le soutien de la FNC à Franco contre le Front Populaire, en rappelant, comme l’avait fait avant elle René Rémond, qu’il s’agit globalement de la position des catholiques de l’époque, à quelques notables exceptions près comme Maritain et Bernanos. Ils associent alors le camp franquiste au catholicisme contre le bolchévisme des républicains. L’émotion suscitée par le massacre des religieux et l’inquiétude devant l’afflux de réfugiés potentiellement séditieux affleurent dans les discours du général de Castelnau ou la presse du mouvement. Seul peut-être la menace que représente l’alliance du franquisme avec les forces de l’Axe sur la stabilité internationale fait prendre comme une distance vis-à-vis du régime espagnol.

La FNC dans le paysage catholique de l’entre-deux-guerres

Ce qui constitue un des intérêts de l’ouvrage de Corinne Bonafoux c’est qu’elle ne perd jamais la dimension religieuse de l’histoire de la FNC. A travers le parcours biographique des différents cadres du mouvement ou du général de Castelnau dont elle retrace la biographique. On découvre ainsi un homme très régulier dans sa pratique religieuse mais qui ne fait pas de retraite spirituelle. Elle tente également de caractériser la ferveur propre aux rassemblement de la fédération :

(Ils) ne sont pas seulement l’expression d’une opposition au gouvernement, mais trahissent un mouvement de ferveur religieuse durant laquelle la foi des participants est confortée par le nombre. Les cathédrales ne suffisent pas à abriter l’ensemble des fidèles, le credo est chanté par des milliers de voix. (p. 37)

Le lien avec l’Action catholique spécialisée

A la lecture de l’ouvrage de Corinne Bonafoux-Verrax, on comprend un peu mieux le processus long et complexe d’organisation de l’Action catholique en France. La Fédération Nationale Catholique, envisagée un temps par les évêques comme la formule efficace, est comme progressivement disqualifiée. De manière courtoise mais ferme. Née entre novembre 1924 et février 1925, la FNC est une « organisation pyramidale et fédérative » qui ambitionnait de regrouper au niveau paroissial, diocésain et national l’ensemble des hommes catholiques. Cette fédération se pensait sûrement comme l’avénement de l’Action catholique telle que le souhaitait Pie X. Mais la création par l’épiscopat en 1931 d’un secrétariat de l’Action catholique autour du Chanoine Courbe change la donne. La FNC doit accepter le regard de la hiérarchie qui impose des cadres plus stricts.

La FNC, par rapport à l’Action catholique spécialisée, pâtit également de son engagement dans la sphère civique, à la frontière du politique, au moment où les mouvements d’Action catholique spécialisée font moins peur en s’investissant sur un terrain social et répondant à la dialectique de Jacques Maritain en chrétien/en tant que chrétien.

La fédération n’ignore pas pour autant la spécialisation. A côté de l’organisation très classique selon la géographie religieuse (paroisse, doyenné, diocèse), Corinne Bonafoux-Verrax évoque l’existence de « dizainiers » qui réunissent dans des groupes plus homogènes socialement les membres de la FNC (selon une formule expérimentée à la Ligue patriotique des Françaises). De même, au congrès diocésain de Paris de 1933 pour les communes urbaines est proposée la création de comités d’action spécialisées. Dans les années 30, de nombreuses unions paroissiales constituent de « secrétariats sociaux » qui lie, selon le modèle de l’Action catholique spécialisée, apostolat social et apostolat catholique.

Pourtant c’est bien le modèle de la spécialisation qui l’emporte irrémédiablement dans l’entre-deux-guerres. Corinne Bonafoux-Verrax évoque ainsi les mutations de l’Action catholique en milieu rural à partir du cas du diocèse de Mende où la fédération agricole supplante la Ligue des catholiques du Gévaudan :

La spécialisation chez les adultes mêmes si elle est encore balbutiante met en question le mode de fonctionnement de la FNC. La raison principale en est que la spécialisation, très bien implantée chez les jeunes et très dynamique préfigure, en quelque sorte ce que pourrait être les mouvements spécialisés dans un avenir proche (p. 73)

Dans le diocèse de Lille, l’historienne évoque ainsi comment François Descamps, président diocésain de la FNC, démissionne suite à la création de la Ligue Ouvrière Catholique qu’il voit comme une ruine pour l’union diocésaine. Même si l’Assemblée des Cardinaux et Archevêques en 1938 oriente prudemment l’Action catholique vers la spécialiste et demande la double adhésion, la guerre accentue le problème. L’Action catholique générale et l’Action catholique spécialisée s’adressent aux mêmes militants et il est difficile de faire émerger deux élites. A la faveur de la guerre de nouvelles forme d’organisation voient le jour. L’historienne évoque ainsi la forme de l’UPAC « union paroissiale d’Action catholique » mise en place à Lyon ou la réorganisation de l’Action catholique générale à Paris.

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La FNC a peut-être été progressivement écartée car le contexte propre qui l’a vu naître s’est écarté – les menaces que faisaient alors peser le Cartel des gauchess ur le Concordat en Alsace-Lorraine, l’enseignement privé catholique, la reprise des expulsions des congrégations non autorisées -. L’aventure de la FNC a permis à l’épiscopat français de prendre conscience de la diversité du vote catholique et réactivé  la peur de la compromission. Dans la dernière partie, Corinne Bonafoux-Verrax relève bien les efforts de la Cour Grandmaison pour préparer le retour la FNC dans la vie publique mais vainement… La FNC, est peut-être un moment situé de l’histoire politique et religieuse française. Moment charnière dans la culture politique des catholiques de différentes générations qui passent, par la raison, au régime républicain sans pour autant adhérer au modèle républicain (par antiparlementarisme, école, famille).

 La FNC aspire à un autre modèle d’une République munie d’un exécutif fort capable de réformer l’Etat, garantissant strictement les libertés religieuses et subventionnant aussi bien l’école publique que privé, assurant le progrès social grâce à la collaboration des diverses classes sociales (p. 508)

A leur corps défendant, les membres de la FNC, comme d’autres acteurs catholiques, ont pu acculturer les catholiques à la République qu’ils contestent même si dans la situation de crise exceptionnel de l’Occupation peut aussi porter vers d’autres formes de passages partisans.

Troisième séance d’étude du GRACS – Les liens entre la Fédération Nationale Catholique et l’Action catholique spécialisée dans l’entre-deux-guerres, en compagnie de l’historienne Corinne BONAFOUX-VERRAX

Mercredi prochain, aura lieu la troisième séance du séminaire doctoral du GRACS co-organisé par le Laboratoire d’Etudes Rurales de Lyon. Il sera consacré à l’ouvrage de

Corinne Bonafoux-Verrax

(Université de Chambéry)

A la droite de Dieu, la Fédération Nationale Catholique 1924-1944 (Paris, Fayard, 2004)

et aura lieu :

mercredi 15 février,

à partir de 18h00 à l’ISH

(salle André Frossard, au sous-sol)

Si nous partirons de manière privilégiée de l’ouvrage de Corinne Bonafoux-Verrax sur la FNC du général de Castelnau, nous ne manquerons pas, non plus, d’aborder la question des rapports entre la Fédération, qui ambitionnait de devenir l’expression civique et organisée du laïcat catholique en France, et de l’Action catholique spécialisée, qui se met au même moment en place sur des objectifs différents de reconquête religieuse. Concurrence ou complémentarité ? Quels rapports les deux branches de l’apostolat du laïcat catholique entretenaient-elles ? Comme ACS et FNC se positionnaient face à l’épiscopat français ? Comment les évêques ont-ils répondu à l’émergence de ces mouvements de laïcs et cherchaient à les accompagner ? Quels étaient leurs craintes et leurs désirs ? Comment, localement, dans les diocèses, l’organisation des oeuvres de laïcs parvient-elle à concilier les deux formules militantes ACS et FNC ? Les exemples du Jura et de la Bretagne pourront être ainsi convoqués par deux de nos participants à partir de leur expérience des archives locales : Claire Bailly-Alemy et Brieuc Guinard. Nous pourrons aborder ces questions, et bien d’autres encore, en la compagnie de l’auteure elle-même : Corinne Bonafoux-Verrax.

A mercredi,

L’Equipe du GRACS.

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Appel à communications pour la séance du 11 avril 2012 – L’Action catholique spécialisée sous l’Occupation

La séance du 11 avril 2012 est consacrée à la thématique de l’Action catholique spécialisée sous l’Occupation avec pour problématique actuelle : « Comment aborder l’histoire des mouvements de jeunesse de l’Action catholique spécialisée sous l’Occupation ? ».

Nous sommes actuellement à la recherche d’intervenants (chercheurs, doctorants…) pour cette séance.
Les interventions devront ne pas excéder 30 minutes et pourront porter pour partie sur les réalités de l’activité du mouvement étudié, les relations avec le régime de Vichy notamment dans le cadre de la politique de jeunesse, les attitudes des militants face au régime de Vichy notamment le STO, les problèmes méthodologiques rencontrés (sources…)…

Pour rappel, chaque séance du Gracs se déroule à Lyon dans les bâtiments de l’Institut des Sciences de l’Homme (14, avenue Berthelot 69007 Lyon). Elle commence à 18h et se termine aux environs de 20h.

Si vous êtes intéressés pour proposer une communication, merci de nous faire parvenir une suggestion de 500 mots maximum à gracs[at]ymail.com (remplacer le [at] par @)

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