Compte-rendu « Définir l’Action catholique »

Compte rendu de la première séance publique du GRACS, du 13 octobre 2011 à l’Institut des Sciences de l’Homme, Lyon 7.

Le thème de la séance était « Définir l’Action catholique du XIXème siècle au début des années 1930 (France) ».

Au programme, il y avait trois interventions des membres du GRACS dont vous pouvez télécharger les textes à partir de cette page :

– « Les mouvements de laïcs jusqu’à la définition romaine de l’Action catholique (XIXe) », Anthony Favier.

– « L’Action catholique à travers les actes du Magistère », Claire Bailly Alemu.

– « L’Action catholique dans l’historiographie », Brieuc Guinard.

Concrétisant la réflexion de notre première séance, nous sommes arrivés à une définition de l’Action catholique opératoire pour le XXème siècle :

L’Action catholique est le nom donné à des mouvements de laïcs catholiques organisés au XXème siècle selon les indications du magistère romain, tout particulièrement sous le pontificat de Pie XI (1922-1939), en recomposant, assimilant, et incorporant différents éléments pré-existants. L’Action catholique du XXème siècle se caractérise par plusieurs éléments qui la distinguent des nombreuses initiatives de laïcs qui l’ont précédé (œuvres, patronages ou confréries pieuses) sans qu’il soit néanmoins toujours facile de les distinguer. Parmi les éléments caractéristiques de l’Action catholique nous pouvons relever :

  • le passage d’un modèle d’action défensif centré sur l’idée de préservation d’îlots de fidèles conservant une forte pratique sacramentelle à un modèle plus ouvert et offensif de reconquête qui s’insère dans les formes profanes de la modernité (écoles, syndicats, milieux professionnels, secteur associatif, milieu politique).
  • la reconnaissance par le clergé d’une relative autonomie ou d’une autonomie dans les limites assez strictes que la hiérarchie pose et rappelle souvent. L’Action catholique reste ainsi entendue comme la participation des laïcs à l’apostolat du clergé. Si les prêtres, appelés aumôniers, y ont une part prépondérante, il existe néanmoins responsables laïcs avec des mandats reconnus.
  • la volonté notable d’une élévation du niveau spirituel, théologique et intellectuel des membres des groupes d’Action catholique. Si le souci de préservation morale reste fort, il faut noter l’intérêt porté à une meilleure formation intellectuelle d’un laïc chrétien reconnu capable d’agir de manière responsable au sein de la société et devant mobiliser ses connaissances théologiques ou en matière de doctrine sociale de l’Église. A ce titre, nous retrouvons presque toujours dans l’Action catholique l’existence de «cercles d’études» ou de cycles de formation selon la forme héritée des œuvres du catholicisme social. On peut en un sens rattacher l’Action catholique aux tentatives qui surgissent dans différents secteurs de la société et en marge de différentes confessions ou partis politiques pour organiser des activités éducatives en complément des formes organisées de l’Ecole.
  • un mode d’organisation qui dépasse le strict cadre paroissial et diocésain même si les militants d’Action catholique s’appuient sur le cadre logistique de la paroisse (vicaires comme aumôniers, salles paroissiales, maisons d’œuvres, etc). Les groupes d’Action catholique sur-rajoutent néanmoins à la trame géographique existante leur propre réseau d’organisation (sections, fédérations, etc). Le catholicisme d’Action catholique est un catholicisme adapté aux chemins de fer et aux espaces nationaux voire internationaux. Il a ses congrès régionaux ou nationaux, voire internationaux, ses journées d’études diocésaines ou inter-diocésaines, ses bulletins locaux ou nationaux, ses pèlerinages à Lourdes ou à Rome.

L’Action catholique spécialisée sera le nom donné à cette forme d’engagement des laïcs à destinations d’un «milieu» particulier, c’est-à-dire un groupe socio-économique ou socio-culturel perçu comme homogène et semblable (les ouvriers, les ruraux, les indépendants).

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